L’imam qui dirige la prière pour des innovateurs

Question

Est-il permis de servir d’imam à des innovateurs qui refusent d’obéir aux conseils de leur imam ?

Louange à Allah.

Les innovations n’ont pas toutes le même degré
(de gravité) ; certaines affectent le credo et d’autres concernent les
pratiques religieuses secondaires. Certaines excluent leurs auteurs de l’Islam ;
d’autres n’ont pas cet effet. Certaines peuvent être considérées par le prédicateur
comme une innovation alors qu’elles ne le sont pas. Car le jugement de ce
dernier peut être mal fondé ou faible ou erroné. Et ce qu’il incrimine peut
être basé sur une opinion sur la question que le prédicateur ne sait pas.

On pose souvent des questions à propos d’innovations
commises par l’imam pour savoir si l’on peut continuer de prier sous sa direction.
Cette question fait l’objet d’une différenciation bien connue. Il n’est pas
permis de prier derrière un imam coupable d’innovations incompatibles avec
la foi. Si ses innovations ne sont pas de cette nature on peut prier sous
sa direction. Mais il vaut mieux se choisir un imam issu des partisans de
la Sunna. A ce propos, Al-Hassan al-Basri (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit : Prie derrière lui puisqu’il assumera tout seul ses innovations .

Si la question concerne
des innovations commises par ceux qui prient sous la direction de l’imam et
si elle est posée par celui-ci, c’est alors bizarre  parce que la mission
de l’imam ne se limite pas à la direction de la prière car elle englobe la
prédication, l’enseignement et les conseils.

Il est fréquent que l’imam dirige la prière pour
une population comprenant des gens qui se rasent la barbe, des usuriers, des
médisants, des colporteurs et d’autres qui maltraitent leurs parents. Ces
gens-là sont la cible de la prédication que l’imam doit pratiquer dans la
mosquée. L’appel à Allah Très Haut et l’enseignement au profit des gens constituent
la mission des prophètes. Ces deux tâches incombent à toute personne ayant
reçu une partie fut-elle minime de science (religieuse).

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) corrigeait les fautes de ses compagnons au fur et à mesure qu’il les
constatait.

– Quand il vit un fidèle
qui priait mal puisqu’il n’effectuait pas l’inclinaison et la prosternation
correctement, il lui apprit les modalités de  la prière. (cité par al-Boukhari
et Mouslim).

– Quand Muawiya ibn al-Hakam parla au cours de la prière,
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lui apprit qu’on ne pouvait
pas discuter tout en priant » (rapporté par Mouslim).

– Quand un bédouin urina dans la mosquée du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) lui expliqua que la mosquée est à mettre
à l’abri de toute saleté. Il y a encore de nombreux autres exemples.

Si
l’imam vérifie que ce que font certains prieurs est une innovation contraire
à la charia, il doit les inviter à observer la meilleure conduite. Il peut
profiter des occasions appropriées pour leur prodiguer des conseils et les
orienter de différentes manières :

– il peut réciter quelques versets déterminés du Coran et en donner l’explication
après la prière ;

– il peut inviter des prédicateurs ou étudiants à faire des conférences
ou dispenser des cours concernant l’importance de la Sunna et la nécessité
de s’y conformer ;

– il peut procéder à la distribution de dépliants et de petits livres ;

– il peut aménager une bibliothèque audio et encourager les gens à en emprunter
(des éléments) ;

– il doit être bien instruit, doux et sage. Il doit surtout être sincère
et véridique dans son amour pour les gens afin de mériter l’assistance (divine)
et le succès.

Cheikh
Abd al-Aziz ibn Baz (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a été interrogé
en ces termes : « Si les hommes ou les femmes invitées à pratiquer
l’Islam sont influencés par une culture donnée ou vivent dans des sociétés
ayant ses propres spécificités, quel est le meilleur moyen de s’adresser à
eux ?

Il a répondu ainsi : « Les moyens que
le prédicateur doit employer consistent à leur faire constater les erreurs
et innovations et autres choses contraires à la charia qui entachent les doctrines
qui les a influencés et les sociétés dans lesquelles ils vivent. Ensuite,
il les invite à soumettre toute question qui ne leur est pas clair à l’arbitrage
équitable du livre d’Allah et de la Sunna de Son Messager (bénédiction et
salut soient sur lui). Tout ce qui s’avère conforme aux deux (livre et Sunna)
doit être considéré comme une partie intégrante de la charia. Et tout ce qui
leur est contraire doit être rejeté, d’où qu’il vienne.

C’est ainsi que les ulémas soumettaient les questions
controversées aux arguments tirés de la charia. Ce qui est étayé par ces arguments
doit être maintenu et ce qui s’y oppose doit être rejeté, même s’il nous vient
d’un homme important. Car la vérité est supérieure à tous. Il en est de même
des habitudes et mœurs contraires à la charia; il faut les abandonner même
si nous les avons reçues des ancêtres ou des maîtres. En effet, il faut que
tout le monde se cramponne à ce qui fait l’objet de l’ordre d’Allah et de
Son messager (bénédiction et salut soient sur lui),ordre qui constitue la
seule voie de salut. A ce propos Allah le Puissant et Majestueux dit :
“Et voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez- le donc; et ne
suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie.”Voilà ce qu’ Il
vous enjoint. Ainsi atteindrez- vous la piété.  (Coran, 6 : 153).
Allah est le garant de l’assistance.

Madjmou’ fatawa de Cheikh Ibn Baz, 4/240-241). Cherchez l’assistance
d’Allah Très Haut et profite de l’expérience de vos frères imam dans votre
manière de traiter avec les fidèles et de leur prodiguer de bons conseils,
vous trouverez un grand bien et bénéficiez d’une immense récompense.

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