L’accomplissement collectif des prières dites tarawih en Ramadan est conforme à la Sunna et n’est pas une innovation (bid’a)

Question

Peut-on considérer l’accomplissement collectif des prières dites tarawih comme une innovation qui n’existait pas du vivant du Prophète(bénédiction et salut soient sur lui) et qui fut initiée par Omar ibn al-Khattab ?

Louange à Allah.

Il est inexact de dire que l’accomplissement des prières dites tarawih
est une innovation. En revanche, on peut se demander s’il ne s’agit pas
d’une initiation d’Omar ibn al-Khattab (bénédiction et salut soient sur lui)
qui n’avait pas existé au temps du Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) ou s’il s’agit d’une pratique instaurée par ce dernier ?

Certains ont prétendu que c’est
une initiative d’Omar. Et  ils arguent que ce dernier avait donné à Ubay ibn
Kaab et à Tamim ad-Daari l’ordre de diriger une prière de 11 rak’aa
pour les gens et que, quand, au cours d’une nuit, il trouva les gens entrain
de prier, il dit :  quelle belle innovation ! . Ce qui
indique que la pratique n’avait pas existé avant lui.

Cet avis est faible et ses partisans n’ont pas tenu compte de ce hadith
authentique rapporté dans les deux Sahih et ailleurs et selon lequel
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) célébra la prière en public
pendant trois nuits puis s’absenta au cours de la quatrième nuit et dit (en
guise d’explication) :  Je crains qu’elle ne vous soit prescrite 
(rapporté par al-Boukhari, 872). La version de Mouslim dit :  Mais
je crains qu’elle ne vous soit prescrite et que vous soyez incapables de vous
en acquitter  (1271).

Aussi s’atteste-t-il que la prière des tarawih repose sur
la pratique du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et que celui-ci
a expliqué ce qui l’avait empêché de perpétuer sa célébration en public, à savoir
la crainte de sa prescription.

Cette crainte disparut avec le décès du Messager (bénédiction et salut
soient sur lui) qui entraîna l’interruption de la révélation et l’impossibilité
de nouvelles prescriptions. La dite crainte, qui constituait la cause du non
maintien de la pratique, étant disparue, le caractère de pratique prophétique
de la prière demeure. Voir ach. Charh al-mumti’ d’Ibn Outhaymine,
tome 4/p.78.

Selon un hadith authentique
cité dans les deux Sahih, Aïcha, (bénédiction et salut soient sur lui)
a dit : « le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) s’abstenait
d’une pratique qu’il aimait par crainte que les gens l’adoptassent et qu’elle
fût rendue obligatoire (rapporté par al-Boukhari, al djoum’a, 1060 et par Mouslim,
salat al-moussafirine, 1174).

An-Nawawi a dit :  la hadith montre l’ampleur de la grande
compassion qu’il éprouvait à l’endroit de sa Umma .

Aussi est-il inexact de dire que la prière des tarawih ne
constitue pas une pratique du Messager d’Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) car elle en est une et le Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) ne s’en était abstenue que par crainte de la voir transformer en obligation.
Sa mort mit fin à cette crainte…

Abou Bakr dont le califat ne dura que 2 ans était de surcroît absorbé
par les combats qu’il livrait aux apostasiés… Quand Omar arriva au califat et
rétablit l’ordre musulman, il donna aux fidèles l’ordre de se rassembler pour
célébrer la prière en question pendant le Ramadan comme ils l’avaient fait au
début avec le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) Omar n’avait donc
fait que restaurer une pratique prophétique (suspendue). Allah est le garant
de l’assistance. ..

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