Incitation à la pratique de l’aumône pérenne

Question

Je voudrais avoir une explication du concept aumône pérenne et l’incitation à la pratiquer.

Louange à Allah.

Allah
a créé les hommes afin qu’ils L’adorent selon Ses propos :  Je
n’ ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ ils M’ adorent. (Coran,
51 : 56). Et Il a établi des pratiques cultuelles qui permettent de jouir
d’une énorme récompense ici-bas et dans l’au-delà.

Les
effets des actions et pratiques cultuelles ne se limitent pas à la vie d’ici-bas
puisque ’Allah (nous) a donné les moyens d’accroître les bonnes actions même
après la mort de leur auteur. C’est le cas de l’aumône pérenne à propos de
laquelle le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dit :
 La mort met un terme aux œuvres humaines à l’exception de trois :
une aumône pérenne, un savoir utile et un enfant pieux qui prie pour le défunt .
(rapporté par Mouslim, 3084).

Dans
son commentaire de Mouslim, An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
dit :  Selon les ulémas, la mort interrompt les œuvres humaines
et la récompense qu’elles entraînent sauf en trois cas liés aux œuvres des
défunts ; les enfants des défunts résultent de leurs œuvres. Il en est
de même du savoir, de l’enseignement et de l’œuvre écrite que l’on lègue ainsi
l’aumône pérenne et le waqf (biens de main morte) constitués par des défunts .

Ibn
Madja rapporte (224) d’après Abou Hourayra (P.A.a) que le Messager d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) a dit :  Certes font partie
des bonnes œuvres qui continueront à profiter à l’homme après sa mort un savoir
qu’il aurait transmis (au public) par l’enseignement et la publication, un
enfant pieux, un exemplaire du Coran qu’il aurait légué (à ses héritiers)
une mosquée qu’il aurait construite, un foyer qu’il aurait construit pour
les voyageurs en difficulté, un fleuve qu’il aurait aménagé ou une aumône
qu’il aurait prélevée de ses biens au moment où il jouissait d’une bonne santé
afin d’en profiter après sa mort  (jugé bon par al-Albani dans Sahih
Ibn Madja).

L’aumône
pérenne est celle dont la récompense est maintenue pour son auteur après sa
mort. C’est pourquoi les ulémas affirment qu’elle s’applique exclusivement
au waqf. C’est le cas de celui qui construit une mosquée puisqu’il
continuera d’en être récompensé aussi longtemps que la mosquée restera en
place.

Quant
aux actions dont la récompense ne sera pas maintenue, comme le fait de nourrir
les pauvres et les nécessiteux, on ne peut pas les qualifier de « aumônes
pérennes, même s’il est vrai qu’elles génèrent une énorme récompense pour
leurs auteurs.

Dans
al-Muhalla (8/151) Ibn Hazm dit :  l’aumône pérenne est
celle dont l’auteur continuera d’en être récompensé après sa mort .

Dans
son commentaire de Riadh as-Salihiin (4/13) Cheikh Ibn Outhaymine dit :
 l’aumône courante est toute œuvre qui perdure après la mort de son
auteur.

La
part de ses biens dont l’homme fait une aumône constitue son vrai patrimoine
qui lui profitera infiniment.

At-Tirmidhi
(2470) rapporte qu’ils (les Compagnons) égorgèrent un mouton du vivant du
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et donnèrent en aumône toute
la viande à l’exception des omoplates. Et le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) leur dit :


«qu’est-ce qu’il en reste ?

–   Il n’en reste que les omoplates  dit Aïcha.

–   Alors tout restera sauf les omoplates  dit le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui )

– (déclaré authentique par AL-Albani dans Sahih at-Tirmidhi).

Cela
veut dire que ce que l’homme consomme de ses biens périt et ne lui survit
pas. Quant à la part de ses biens dont il fait une aumône, elle perdure auprès
d’Allah et profitera à son auteur au jour de la Résurrection. Le hadith comporte
une allusion à la parole du Très Haut :  Tout ce que vous possédez
s’ épuisera, tandis que ce qui est auprès d’ Allah durera. (Coran, 16 :
96).

Le
Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) nous a informé que
toute personne se réfugiera à l’ombre de son aumône au jour de la Résurrection
quand le soleil sera rapproché des têtes en attendant qu’Allah juge les gens »
(rapporté par Ahmad, 16882 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahih
al-Djami, 4510).

Ô
frère ! Dépêchez-vous à effectuer des aumônes, et veillez à ce qu’elles
soient pérennes de sorte que vous puissiez en profiter après votre mort.

Nous
demandons à Allah Très Haut de nous assister à faire ce qu’Il aime et agrée.

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