Elle s’est convertie à l’Islam à l’insu des siens qui veulent la marier à un non musulman …

Question

Je me suis convertie à l’Islam depuis deux ou trois ans. Allah soit loué. Et j’ai été influencée par un jeune collègue… Petit à petit, nous avons fini par nous admirer mutuellement et nous voulons nous marier. Mais, ma famille étant mécréante, elle s’oppose farouchement à ce projet. C’est aussi le cas de parents de mon jeune (ami).

Mes parents ne sont pas au courant de ma conversion à l’Islam puisque je le pratique secrètement. . Je vous affirme que je désire vraiment me marier avec le jeune en question et mener une vie conforme à l’Islam. Et je ne veux pas me marier avec un mécréant. Mes parents veulent que je rentre pour épouser une personne de leur confession… Est-il nécessaire pour la validité de notre mariage que nos parents respectifs y consentent ? Pouvons-nous nous marier à leur insu ? Est-il permis de demander leur autorisation après coup ? Je crains que mes père et mère meurent s’ils apprenaient ma conversion à l’Islam car ils haïssaient les musulmans. Et je ne sais pas comment les convaincre… Dois-je les convaincre à me laisser me marier ? M’est-il permis de ne pas tenir compte de leur désir ?

Louange à Allah.

Premièrement, avant de vous répondre, il nous plaît
de vous féliciter pour votre conversion à l’Islam, le sceau des religions
qu’Allah Très Haut a agréé pour toute la créature et pour lequel Allah a envoyé
le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) afin d’apporter la bonne
nouvelle et d’avertir les mondes.

Vous avez été précédé par de nombreuses personnes
dont les cœurs ont été guidés vers cette grande religion. Autant d’autres en
ont été détournés à cause de leur incurable opiniâtreté. Aussi devriez-vous
faire preuve d’une constante gratitude à l’égard de votre Maître Très Haut. Car
Il vous a sortie des ténèbres de la mécréance et de l’ignorance pour vous
installer dans la lumière de la foi en l’unicité d’Allah et du savoir
(islamique). Vous devriez apprendre les dispositions de cette religion pour
être mieux rassurée quant à la pertinence de votre choix et pour raffermir
votre cœur.

Deuxièmement, votre récente conversion ne nous
empêche pas de vous dire que cette religion a apporté d’importantes
dispositions qui permettent au musulman de préserver sa foi, son intellect, ses
biens, son honneur et sa généalogie. C’est ainsi que la religion recèle des
proscriptions allant dans un sens et des prescriptions allant dans l’autre.

Votre question suscite deux choses :

-La nécessité de préserver l’honneur et la
généalogie ou bonne filiation a amené l’Islam à interdire la cohabitation
(douteuse) entre les deux sexes, le fait pour un homme et une femme de rester
seuls à l’écart des autres, le fait pour un homme de toucher une femme et, à
plus forte raison, la fornication. Ceci nous amène à penser que la femme est
une perle qui ne doit pas être traitée comme une marchandise de vil prix – ce
qui est le cas dans les pays des mécréants et chez les musulmans imbéciles qui
les imitent – utilisée dans la publicité ayant pour support les journaux et les
revues. Car la femme doit jouer un rôle important en tant que mère et épouse.

-Pour bien préserver la foi de la femme
musulmane, Allah Très Haut lui interdit d’épouser un mécréant selon le Coran,
la Sunna  et le Consensus (des ulémas)

Cheikh ibn Outhaymine (puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) a dit : « Le mécréant n’est pas autorisé à épouser une
musulmane selon le texte du Coran et le Consensus (des ulémas). A ce propos le
Très Haut dit : ô vous qui avez cru! Quand les croyantes viennent à vous
en émigrées, éprouvez- les; Allah connaît mieux leur foi; si vous constatez qu’
elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas
licites (en tant qu’ épouses) pour eux, et eux non plus ne sont pas licites (en
tant qu’ époux) pour elles. (Coran, 60 :10 ).

Aussi n’est-il pas permis à la musulmane d’épouser
un mécréant, comme il a déjà été dit précédemment, selon le texte (du Coran) et
le consensus (des ulémas). Ceci s’applique même au mécréant d’origine (celui
qui n’a jamais été musulman). Si un mécréant épouse une musulmane, le mariage
est nul, et on doit les séparer. Si l’époux se convertissait à l’Islam pour
sauver le mariage, cela ne serait possible qu’à la faveur d’un nouveau
mariage ». Citation résumée.

Voir Madjmou’ fatawa Cheikh Ibn Outhaymine,
12/138-140.

Troisièmement, la validité d’un mariage requiert
entre autres conditions l’existence d’un tuteur. Et un mécréant ne peut servir
de tuteur à une musulmane, selon l’avis unanime des ulémas.

Ibn Qudama dit : « Le mécréant ne peut
exercer une tutelle sur une musulmane en aucun cas selon le consensus d’ulémas
parmi lesquels figurent Malick, Chafii, Abou Ubayd et les partisans de
l’opinion (personnelle). Ibn al-Moundhir dit :  c’est l’avis de tous
mes maîtres . Voir al-Moughni, 7/21.

Votre cas personnel nécessite absolument
l’intervention d’un tuteur (waliy). Si vous n’avez aucun parent musulman
pouvant vous servir de tuteur, le représentant de l’autorité religieuse :
le cadi, le mufti, le directeur du Centre islamique ou l’imam de la mosquée (de
votre quartier) ; chacun de ceux-là peut en tenir lieu.

Vous n’avez pas à obtenir l’autorisation de votre
père pour pouvoir vous marier parce qu’il ne peut pas exercer une tutelle sur
vous. Si le mariage venait d’être conclu, il faudrait bien le cacher à vos père
et mère puisque vous n’êtes pas tenue de les en informer.

Quatrièmement, même le tuteur musulman n’a pas le
droit de forcer sa fille à se marier avec quelqu’un qu’elle n’aime pas. La loi
religieuse stipule que le consentement de la femme est une des conditions
essentielles du mariage. Celui-ci ne saurait être validement établi, si la
femme subit une contrainte. Si tel était le cas, le juge musulman pourrait
choisir entre le maintien du mariage et sa dissolution.

Les père et mère ou l’un d’eux n’a pas non plus le
droit de forcer sa fille à épouser quelqu’un malgré elle. Et Allah n’a pas fait
du consentement des père et mère ou de l’un d’eux une condition de la validité
du mariage de leur fils. Cependant ce dernier doit être courtois dans son refus
d’accepter leur volonté ; il doit faire de son mieux pour leur donner
satisfaction et les amener à accepter la personne qu’il désire épouser.

Cheikh Ibn Outhaymine (puisse Allah lui accorder Sa
miséricorde) dit : « Il n’est pas permis au père de forcer son fils à
épouser une femme qu’il n’aime pas en raison d’un défaut religieux ou
physique.. Que de gens ont regretté d’avoir forcé leurs enfants à épouser des
femmes qu’ils n’aimaient pas ! Ils leur avaient dit :
« épouse-la parce qu’elle est ma nièce ! ou parce qu’elle est de la
même tribu que toi, etc. Le fils n’est pas tenu d’accepter cela. Et il n’est
point permis au père de le contraindre. De même, si le père s’opposait au
mariage de son fils avec une bonne femme, le fils ne serait pas tenu d’obéir à
son père. Si le fils est satisfait d’une bonne femme et si son père lui dit de
ne pas l’épouser, il peut passer outre l’opposition paternelle car le fils
n’est pas tenu d’obéir à son père là où la désobéissance profiterait au fils et
ne porterait pas préjudice au père. Car, si nous disions que le fils doit obéir
à son père en toute chose, même quand cette attitude porte préjudice au fils et
n’apporte rien au père, il y aurait des dégâts. Toujours est-il qu’en matière
de relations père/fils, celui-ci doit observer une conduite adroite et ménager
son père dans la mesure du possible afin de le convaincre . Fatawa
al-mara’ al-muslim,a 2/640-641.

Cinquièmement, vous devez faire de votre mieux pour
sauver vos père et mère et les amener à se convertir à l’Islam pour que vous
accédiez tous au bonheur d’ici-bas et à celui de l’au-delà. Vous pouvez
utiliser de nombreuses méthodes pour les appeler à l’Islam ; vous pouvez
leur envoyer des messages électroniques anonymes, par exemple, ou transmettre
leurs adresses à des spécialistes des questions religieuses pour qu’ils
s’occupent de la tâche à votre place. Vous pouvez encore solliciter le concours
du plus proche centre islamique pour l’envoi de visiteurs prédicateurs auprès
de vos parents afin de les appeler à l’Islam. Vous pouvez enfin correspondre
avec eux par courrier ordinaire et leur fournir des cassettes et des livres qui
leur permettent de connaître l’Islam…

Vous les connaissez mieux que quiconque ! Les
informer de votre conversion à l’Islam pourrait leur ouvrir la porte de cette religion.
Si tel est le cas, informez-les. Si une telle démarche s’avère inutile, si elle
peut avoir une incidence négative ou être gênante pour eux, ne les informez
pas.. Vous pouvez aussi ajourner la diffusion de l’information en attendant
qu’Allah les dispose à l’accueillir (favorablement). Sollicitez en permanence
l’assistance d’Allah Très Haut en L’invoquant sincèrement et humblement afin
qu’Il les guide (vers l’Islam).

Nous demandons à Allah Très Haut de vous raffermir
dans cette religion comme nous Lui demandons de guider vos père et mère vers
l’Islam.

Allah le sait mieux.

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